Les dépenses gouvernementales ont augmenté de 43 % depuis 2020-2021 – vérificatrice générale
À diffuser le 13 janvier – Les dépenses annuelles de la Nouvelle‑Écosse n’ont cessé d’augmenter depuis 2020-2021 et elles se chiffrent maintenant à 18 milliards de dollars par an, ce qui représente une hausse de 5,4 milliards de dollars et de 43 %, précise la vérificatrice générale Kim Adair dans son rapport financier de 2025.
La dette nette de la Nouvelle‑Écosse croît elle aussi. Même avec un historique d'excédents récents, y compris le excédent audité de 265 millions de dollars, la dette nette de la province a augmenté de 1,7 milliard de dollars par rapport à l’an dernier et elle atteignait 20,8 milliards de dollars à la fin de l’exercice 2024‑2025.
« La tendance à la hausse de la dette nette affaiblit la situation financière d’un gouvernement, car une part accrue de ses revenus ultérieurs devra servir à rembourser ses dettes passées, ce qui pourrait nuire à sa capacité de fournir des services provinciaux sans recourir à un endettement supplémentaire », explique Adair.
L’augmentation de 1,7 milliard de dollars de la dette nette cette année est principalement attribuable aux dépenses d’investissement dans divers projets relatifs aux établissements de santé, notamment 361 millions de dollars pour l’agrandissement de l’Infirmerie d’Halifax et 146 millions de dollars pour la modernisation des services de santé du Cap‑Breton. Les établissements de soins de longue durée de la province, dont les foyers de soins, ont par ailleurs bénéficié d’un investissement de 325 millions de dollars.
Les ententes de services avec les exploitants des foyers de soins, d’une valeur de 15,7 milliards de dollars à la fin de 2024‑2025, figurent aussi parmi les principaux facteurs de l’augmentation des obligations contractuelles de la Nouvelle‑Écosse, également appelées ses engagements de dépenses. Les engagements futurs totaux du gouvernement provincial ont continué de croître durant les cinq dernières années, passant de 9,8 milliards de dollars en 2020‑2021 à 29,7 milliards de dollars en 2024‑2025.
La dette non échue de la Nouvelle-Écosse, qui s'élève actuellement à 19,3 milliards de dollars, est également en augmentation. Le remboursement de la dette accaparera une part considérable des revenus provinciaux à court et à long terme.
Les intérêts sur la dette en 2024‑2025 se sont chiffrés à 756 millions de dollars, une hausse de 207 millions de dollars par rapport au creux quinquennal de 549 millions de dollars enregistré en 2021‑2022. Ces coûts de service de la dette s'élèvent actuellement à 810 $ par Néo-Écossais, soit le montant le plus élevé des cinq dernières années.
La vérificatrice générale fait en outre remarquer que les prévisions de revenus du gouvernement provincial ont été affectées par une incertitude marquée.
« Les revenus totaux ont dépassé les montants budgétisés quatre des cinq dernières années; le gouvernement provincial semble avoir utilisé ces revenus supplémentaires pour accroître ses dépenses. »
La vérificatrice générale met en relief les autorisations de dépenses supplémentaires dans le rapport financier annuel depuis 2022.
Ces cinq dernières années, le gouvernement provincial a dépensé 6,7 milliards de dollars en vertu de dépassements budgétaires, dont 1,6 milliard de dollars en 2024‑2025 uniquement.
« Bien que j’aie constaté une légère amélioration de la reddition de comptes et de la transparence à propos des dépassements budgétaires cette année, je demeure préoccupée par l’omission du gouvernement de mettre en œuvre des recommandations importantes », fait observer Adair.
Le rapport financier annuel comporte deux chapitres et analyse divers sujets d’intérêt ayant une incidence sur la province, notamment
la hausse des coûts des soins de santé sur cinq ans : Les dépenses annuelles de fonctionnement en santé ont atteint 7,7 milliards de dollars en 2024‑2025, une augmentation de 2,4 milliards de dollars en cinq ans.
le règlement relatif au tabac : Le gouvernement provincial pourrait toucher jusqu’à 784,8 millions de dollars plus de 20 ans des compagnies de tabac canadiennes en guise de dédommagement des coûts du tabagisme pour le système de santé.
l’achat de 117 millions de dollars de créances de Nova Scotia Power : Pour atténuer la hausse des tarifs d’électricité et éviter une augmentation substantielle pour les usagers, le gouvernement provincial a investi 117 millions de dollars dans l’achat des créances de la société de services publics.
l’impact de l’abolition des péages aux ponts : On a cessé de percevoir les revenus annuels de péage, qui se chiffraient à environ 25 à 37 millions de dollars. Le gouvernement provincial est désormais responsable des dépenses d’immobilisations et d’exploitation futures des deux ponts, qui s’élevaient en moyenne à 29 millions de dollars par an durant les cinq dernières années.
la fourniture au gouvernement d’une opinion d’audit favorable sur ses états financiers : Le gouvernement a fourni des renseignements financiers fiables sur 2024‑2025 dans les délais prévus par la loi. La Nouvelle‑Écosse a reçu pour une 25e année consécutive une opinion d’audit favorable, ce qui assure les décideurs gouvernementaux et la population de la fiabilité des états financiers.
Même si les états financiers sont fiables et que plusieurs processus fonctionnent bien, d’importantes faiblesses de contrôle au sein de deux ministères et deux organismes gouvernementaux doivent être corrigées. Ces faiblesses augmentent le risque de rapports financiers qui ne seraient pas fiables et d’une mauvaise utilisation des actifs à l’avenir.